23 mai 2022

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DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

Argentine : des polémiques qui soulignent une rupture sociale d’envergure

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Si Los Pumas régalent sur les pelouses, l’équipe d’Argentine de Rugby est au coeur des polémiques. Entre tweets xénophobes et un hommage à Maradona raté, les tensions dans le sport argentin ont éclaté aux yeux de tous. Dans un monde de plus en plus divisé, le rugby témoigne des failles sociales majeures dans le pays.

Controverse après controverse, le rugby argentin est plus que jamais dans l’oeil du cyclone. Dans ce pays populaire, les joueurs du ballon ovale sont perçus comme l’élite machiste de la société. Raison pour laquelle les polémiques ont mené à une résurrection de divergences sur le territoire. 

Avec une équipe nationale qui rayonne en Rugby Championship, difficile de croire il y a seulement deux semaines, que le sport était si mal en point. 

Mort de Fernando Báez Sosa: l’élément déclencheur

Les tensions contre les rugbymen ont véritablement vu le jour en janvier 2020. Même si ce sport a toujours connu une histoire beaucoup plus privilégiée, c’est le meurtre du jeune homme de 19 ans qui n’a fait qu’accentuer la rupture déjà bien existante. 

Mort dans la nuit du samedi 18 janvier, l’originaire de Villa Gesell est tué en sortant d’une boîte de nuit dans sa ville natale. Après avoir été roué de coups, il décède brutalement. Pas moins de huit jeunes âgés de 18 à 21 sont arrêtés dans cette affaire, tous des joueurs de rugby de la capitale. 

La mort de Fernando Báez Sosa émeut tout un pays, avec des centaines de personnes qui protestent dans les rues de Buenos Aires. Ce crime provoque donc une vague d’indignation partout en Argentine, de quoi placer les violences dans le rugby au coeur des débats. 

Le message de soutien et d’excuses de la part de la Fédération Argentine n’a pourtant pas calmé la gronde montante. Avec d’autres affaires de violences, ou même de viols collectifs qui remontent à la surface, le rugby argentin est dans le viseur. 

Un hommage inexistant 

Seulement quelques jours après la mort de Maradona, la Nouvelle-Zélande a rendu un hommage poignant à un personnage iconique de leur adversaire du jour. Chose que les argentins n’ont pas fait eux-mêmes. 

Los Pumas ont oublié de commémorer une légende du pays. Une action qui n’est pas passée inaperçue. Toute la haine contre le rugby argentin est alors ressortie. De nombreuses personnes considèrent que l’équipe nationale ne représente pas assez le peuple. La sélection a donc décidé d’adresser une vidéo d’excuses. Mais encore une fois, cela ne semble pas suffire.

Si les relations entre le rugby et le peuple sont déjà tendues, la polémique Maradona ravive la flamme. 

Des tweets racistes, énième scandale

Après la révélation de tweets racistes publiés il y a huit ans, c’est une nouvelle polémique qui frappe le rugby argentin. Dans un contexte déjà plus que compliqué, la Fédération aurait pu se passer de cette affaire.

Guido Petti, Santiago et Pablo Matera, ce sont trois cardes des bleus et blancs qui se voient virés de la sélection nationale. Pour le dernier d’entre eux, capitaine emblématique de son pays, ce scandale le place sous les feux de la critique.

Le compte du joueur du Stade Français a été supprimé, mais les tweets partagés entre 2011 et 2013 ont continué à circuler, et sont devenus mêmes viraux. Sur les réseaux sociaux, les internautes se sont déchaînés, réclamant que Pablo Matera soit destitué de son statut de capitaine et exclu de l’équipe argentine.

Mattera et ses deux coéquipiers se sont excusés publiquement, mais le peuple argentin n’est pas prêt d’oublier. Voilà un nouvel exemple d’un pays en tourmente, avec un décalage terrible entre le monde du rugby et sa société. 

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