28 mai 2022

MA5

DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

BILLET. Toulouse, le grand méchant loup

Stade Toulousain
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La rédaction de MA5 délivre un message à tous ceux qui se sont réjouis de voir les champions de France être défaits au Stade Gerland par le LOU, dimanche soir. Si nous ne sommes peut-être pas aussi talentueux que Vincent Merling dans l’art de réconforter les joueurs, on tente quand même notre chance.

Ça y est, l’Empire est enfin tombé, son machiavélisme de vainqueur compris. Après un mois et demi d’arrogante invincibilité, où il s’est même permis d’aligner Balès en 9 et de croquer les défenses à coup de bonus offensifs, un petit poucet de l’Histoire est venu rappeler que rien n’est jamais acquis. Contre le LOU, le Stade Toulousain est tombé sur plus costaud que lui. Des spartiates sanguinaires, qui se sont jetés sur la moindre opportunité de casser les offensives, jouant les kamikazes avec leur « rush-défense », et pilonnant la ligne toulousaine avec leurs avants body-buildés comme Ronnie Coleman.

Bien heureusement, la vérité de l’automne est loin d’être celle de la fin de saison. Et puis, Toulouse est toujours devant. Mais Toulouse est toujours le méchant. Alors, on célèbre autant leur défaite qu’une victoire en Coupe du Monde (oups, en fait on a pas encore connu cela).

Mais pourquoi tant de haine ? Sur quelle oie du Royaume franc le chasseur Rouge et Noir a-t-il tiré ? À vrai dire, on n’est pas sûr que les anti-toulousains trouvent un jour des arguments sensés sur cette question. Cette rancoeur contre le bastion haut-garonnais, diluée aux quatre coins de l’Hexagone, devient un sujet sempiternel.

21 Brennus dans la nacelle, c’est beaucoup. C’est d’ailleurs autant que les trophées nationaux de Bordeaux, du Racing, de Castres, de Clermont, de Montpellier et de Lyon réunis (certains sont encore puceaux, en effet). Une telle hégémonie suscite forcément de l’envie… L’envie de construire la même institution solide, basée sur une famille de fervents unique et sur le respect de son propre passé, de ses anciennes gloires. L’envie de rattacher, comme le Stade a su le faire avec brio, son blason à la gloire du rugby français. Mais ce palmarès prestigieux ne devrait pas susciter une telle jalousie, transformée automatiquement en haine. Ce genre d’état d’esprit fouteusement footeux n’a pas sa place dans notre sport, basé avant tout sur le respect, la convivialité et le fair-play.

Le Stade Toulousain ne s’est pas fait en un jour. Son ascension est le fruit d’un long ruissellement d’efforts, de paris, de déceptions et d’exploits. Tout club aujourd’hui au sommet se devrait d’être honoré. Il ne mérite pas de devenir la risée des réseaux, le crucifié des 13 autres écuries de l’Élite, que l’on pourrait décrire comme de parfaits apôtres. Lyon, fier, comme Judas, a réussi à le faire vaciller. Tout l’honneur leur revient de pouvoir enfin disposer d’une équipe tenant la route… Même si il a fallu attendre pour ça que les Rouge et Noir du Var s’installent à Lyon, surtout le bulldozer fidjien au centre du terrain.

Mais s’il y a bien un point sur lequel vous vous trompez, c’est sur le fait de vouloir autant larguer votre animosité sur nos esthètes du pré. Dupont, Ntamack, Jelonch, Marchand ou Baille, dans cette génération inter-connectée du 21e siècle, voient, chaque jour, vos tweets injurieux, vos commentaires Instagram un peu trop déplacés. Croyez-vous vraiment qu’une telle armada se sente inquiétée d’avoir tout le Top 14 à leurs trousses ? De votre aversion, ils vont se grandir et repousser encore plus les limites de leur art.

Car depuis trois saisons, le Stade Toulousain est sur un nuage. Porté à nouveau par ce qui est la colonne vertébrale de l’Équipe de France, et sur laquelle, à nouveau, vous ne tarirez pas d’éloges lors des test-matchs de novembre (avez-vous déjà fait un test de bipolarité ?). Toulouse vous remercie d’être chaque jour une source de motivation. Mais le Dieu de l’Ovalie, lui, ne validera jamais de tels traits caractériels, salissant autant la clé de voûte du Monde du rugby. « Shame on you », diraient nos voisins anglais.

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