26 mai 2022

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DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

Top 14 : à Toulouse, la Dupont-dépendance inquiète

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Ce week-end, le Stade Toulousain a perdu. Pour la première fois depuis le 6 septembre 2020, soit plus d’un an, Antoine Dupont connaît la défaite sous le maillot Rouge et Noir.

Toulouse ne copiera pas les invincibles d’Arsenal de 2004. Ce week-end, les Haut-Garonnais sont tombés pour la huitième fois en 36 matchs. Mais Antoine Dupont, la coqueluche du Stade n’avait, lui, plus perdu depuis 25 rencontres avec Toulouse. La Dupont-dépendance a montré ses limites, l’occasion d’analyser l’influence du demi de mêlée chez les doubles champions de France en titre…

Un Toulouse sans Dupont, sans idées

Si la défaite est presque inévitable dans l’Élite, elle ne doit jamais être l’unique raison de tirer la sonnette d’alarme. La manière peut aussi être source d’inquiétude. Cette saison, les hommes d’Ugo Mola ont affiché deux visages et cette bipolarité est souvent dûe à la présence ou non sur le pré, d’Antoine Dupont.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, disait Lamartine. Mais réduire le Stade à un joueur est blasphématoire et presque insultant pour les autres. Seulement, le constat est là. Quand Antoine Dupont est sur le terrain, ses coéquipiers se subliment. Presque rassurés de sa présence, galvanisés par son insouciance, ils deviennent invincibles.

Sur le terrain, ses coéquipiers se mettent au diapason.

Du coup, la rédaction s’est demandé ce que donne une équipe de Toulouse, avec et sans le jeune crack dans le groupe. Sortez vos calculettes, on va parler stats…

Depuis 38 matchs, le Stade Toulousain est sorti vainqueur 30 fois, et 83% du temps, Dupont était sur la feuille de match (25 fois). Mais sur ces 38 rencontres, quand les Rouges et Noirs ne gagnaient pas (8 fois), l’international tricolore n’était jamais présent. Toulouse peut s’en sortir sans Dupont, mais sans lui sur la pelouse, les champions d’Europe perdent 54% du temps (7 fois sur 13)…

Supersub

Entré en deuxième mi-temps contre Lyon (51e), le demi de mêlée a tout de suite métamorphosé le jeu de son équipe. Trop tard, sûrement, pour rattraper l’avance déjà conséquente de leur adversaire du soir. Mais avec Antoine Dupont, le rythme s’est de suite élevé, avec des sorties de balles rapides et de l’alternance, notamment lors de plusieurs ballons portés.

Impossible de ne pas souligner le « 50-22 » majestueux, gagnant une touche à 5 mètres de la ligne lyonnaise ! Le coup d’oeil, la réactivité, mais surtout l’ajustement millimétré, qui prend à contre-pied l’arrière-garde du LOU. Au final, Lyon s’impose au courage dans les dernières minutes.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Si Toulouse a perdu, c’est en grande partie dû au match parfait de Lyon. Pierre Mignoni a concocté le plan idéal pour contrer la deuxième meilleure attaque du championnat. Mais il n’est pas le seul, depuis un an, à avoir mis en difficulté les récents champions d’Europe.

La seule différence, c’est que les Rhodaniens ont su résister, eux, à l’entrée en jeu du super-héros de la ville Rose. A contrario des pauvres Biarrots, victimes, il y a deux semaines, du bourreau bigourdan. Dupont avait changé à lui tout seul la physionomie du match, en inscrivant un doublé incroyable, quelques minutes seulement après son entrée en jeu, offrant ainsi la victoire aux siens (J5).

Jeu de main, jeu de toulousains ?

Difficile d’aller à l’encontre de ces chiffres, mais pour approfondir et comprendre les maux toulousains, il faut comparer deux époques, ou du moins deux saisons auréolées. Lors de l’exercice 2018-2019, Toulouse était flamboyant, remportant presque tout ses matchs, même quand le petit 9 n’était pas là. Le jeu lui, ne disparaissait jamais. La saison dernière, le Stade oubliait parfois l’essence même de son jeu. Bis-repetita depuis la reprise en août. Plus pragmatiques, les Rouge et Noir ont perdu peu à peu leur philosophie.

À l’image du match contre Pau, où les hommes d’Ugo Mola ont dû se rassurer devant pour l’emporter. « Jeu de main, jeu de toulousains« , peut-être que la réponse semble évidente, mais pour retrouver de sa superbe, le club toulousain doit retrouver son « french flair ». Gagner ne suffit plus. C’est ça finalement, la marque des grands clubs où l’intransigeance est réclamée et la perfection demandée.

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