23 mai 2022

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DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

XV de France : et si Jalibert-Ntamack devenait le Ford-Farrell français ?

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Depuis l’annonce de la liste des 42 joueurs faite par Fabien Galthié, ce vendredi, les noms de Matthieu Jalibert et Romain Ntamack sont sur toutes les lèvres. Associer les deux « cracks » ensemble, c’est une solution qui pourrait séduire.

Jalibert ou Ntamack ? Le débat sur le numéro 10 titulaire en Équipe de France fait rage dans l’Hexagone depuis maintenant plus d’un an. Tous les deux au sommet de leur art, les pépites tricolores enchaînent les prestations de grande classe chaque week-end. De quoi se poser sérieusement la question sur qui mérite de porter la fameuse tunique bleue.

Patron des lignes offensives toulousaines, Romain Ntamack assume son rôle de leader sur le terrain. Avec un palmarès XXL pour son jeune âge, ce serait difficile de se priver d’un joueur d’un tel calibre. Champion du Monde U20, double champion de France et désormais champion d’Europe, le Haut-Garonnais de 22 ans ne cesse d’impressionner.

Aussi fou que cela puisse paraître, certains ne restent toujours pas convaincus de l’option Ntamack en numéro 10. Malgré tous ses titres et toute son expérience à haut niveau, une chose semble bloquer le chemin du jeune ouvreur dans sa quête d’une place indiscutable en Bleu : Matthieu Jalibert.

Pétri de talent, le Bordelais se classe désormais parmi les tout meilleur du monde à son poste. À l’instar d’un Marcus Smith ou d’un Beauden Barrett, très peu de demi-d’ouvertures sont capables de reproduire ce qu’il fait ballon en main. À tel point qu’il est considéré comme un joueur « incroyable » par Ugo Mola, pourtant manager d’Ntamack.

Étincelant depuis plus de deux saisons, la sensation girondine a porté son équipe au stade des demi-finales l’année dernière (en coupe d’Europe et en championnat) ! Flamboyant dans le jeu désordonné et magistral dans l’animation offensive, Jalibert continue de bousculer la hiérarchie au sein du XV de France.

Avec d’un côté un joueur qui a tout gagné et de l’autre un grain de folie indispensable, c’est un véritable casse tête pour Fabien Galthié, qui semble avoir du mal à les départager. Ses deux ouvreurs phares sont d’ailleurs actuellement au même nombre de titularisations sous son ère (7).

Un problème très français

Alors que la France cherchait son nouveau Frédéric Michalak, son nouveau maestro de référence, en voilà deux qui arrivent d’un coup. Après tant d’années de disette, à envier les autres grandes sélections, c’est désormais la France que le monde envie.

C’est un fait : avec Romain Ntamack et Matthieu Jalibert dans leurs rangs, les Bleus tiennent deux ouvreurs de classe mondiale. Manque plus qu’à savoir comment les aligner.

Opter pour Jalibert dès l’entame, mais perdre la relation Ntamack-Dupont à la charnière ? Ou plutôt titulariser Romain, mais se passer des initiatives et de l’imagination du maitre à jouer d’Urios ? En tout cas, les deux cas semblent plutôt perdants pour le manager français. Une seule solution demeure donc : les associer au coeur de l’attaque !

Un jeu à l’anglaise

Jalibert en 10, Ntamack en 12, voilà l’alignement rêvé de beaucoup d’amateurs du XV de France. Si cette collaboration a été mis plusieurs fois sur la table, mais constamment rejetée par le staff technique des Bleus, tester les deux « pépites » ensemble n’est pas une simple fantaisie. À l’image de ce fameux « second five eighth », expression néo-zélandaise pour faire référence à un deuxième joueur de ballon en premier centre, le duo remplit tous les critères à perfection. Avoir un Jalibert en distributeur et un Ntamack en canalisateur semble donc être la bonne combinaison.

Un exemple frappant de deux ouvreurs alignés en même temps nous vient d’outre-Manche. Sous le règne d’Eddie Jones, Owen Farrell et George Ford sont devenus la clé de la réussite du XV de la Rose. Avec une deuxième option offensive à ses côtés, Ford s’est installé comme le véritable patron chez les vice-champions du Monde en 2019. Placé en 12, le capitaine Farrell offre lui un rôle beaucoup plus conservateur, notamment dans la gestion au pied. Dans un rugby où l’occupation devient primordial, Ntamack pourrait devenir cette fameuse pièce maîtresse côté français.

Pour l’anecdote, si beaucoup l’ont oublié, c’est au centre que Romain Ntamack a connu sa première sélection avec l’Équipe de France. C’était lors du Tournoi des 6 Nations 2019 face au Pays de Galles et il était associé avec le Clermontois Wesley Fofana. Il avait été aligné, ce jour là, à son poste de prédilection de l’époque. Avec le Stade, il avait démarré titulaire à 15 reprises au centre contre seulement 4 à l’ouverture lors de la saison 2018-2019. Un rôle qu’il connait donc plutôt bien.

Comme en 2018

On le sait tous, le rêve ultime des Bleus est de soulever la Coupe du Monde. Fabien Galthié pourrait donc largement s’inspirer du sacre des U20 en 2018, un tournoi qui a vu Ntamack évoluer au poste de numéro 12.

Avec Louis Carbonel en 10, le Toulousain était positionné au coeur de tout ce qui se faisait de mieux dans cette jeune équipe de France. Une raison de plus pour appuyer l’idée d’une association avec Jalibert.

Comme annoncé par Sébastien Piqueronies, coach victorieux en 2018 et désormais manager de Pau, il est possible de les voir un jour évoluer côte à côte : « C’est une erreur de vouloir les hiérarchiser », avait-t-il confié au Midi Olympique

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