26 mai 2022

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DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

XV de France : 3 raisons de lancer Macalou à l’aile

Sekou Macalou
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Présent dans la liste des Bleus pour disputer la tournée d’automne, Sekou Macalou va avoir une nouvelle occasion de déployer son potentiel sur la scène internationale. Mais peut-être pas au poste attendu. Puisque Fabien Galthié a évoqué son éventuel repositionnement à l’aile, la rédaction s’est amusée à imaginer pourquoi il devrait porter le numéro 11 ou 14.

Lundi soir, au CNR de Marcoussis, Fabien Galthié et Raphaël Ibanez, ont lâché une petite bombe : « Sekou peut jouer à tous les postes de la troisième ligne (6, 7, 8) », a expliqué l’ancien capitaine de Colomiers. « Son profil lui permet également de dépanner à l’aile, et dans certaines projections, c’est un aspect qui va nous intéresser.« 

Dans le paysage rugbystique français, le joueur du Stade Français est un ovni. Rarement le Top 14 n’a vu émerger un flanker avec de telles capacités physiques. Macalou est une étoile filante. Un gabarit d’avant à la vitesse de pointe de trois-quarts.

Encore dans le Top Essais de la semaine en Top 14, les aficionados l’ont vu, souvent, être décalé dans les couloirs extérieurs, surprendre par ses cannes des adversaires pourtant véloces, ou casser plusieurs plaquages avant d’inscrire de scorer avec une facilité déconcertante. Et si, à l’aile la vie de Sekou Macalou ne serait pas plus belle ?

Une position déjà découverte en club

Rares sont ceux pouvant se targuer d’avoir pu évoluer à plusieurs postes du terrain de manière permanente au niveau professionnel (oui, en U14 ça ne compte pas). Mais rare ne veut pas dire impossible. Par exemple, le centre Matthieu Bastareaud est récemment devenu N°8 au LOU, du même que le Rochelais Levani Botia a disputé l’intégralité de la saison 2017/2018 au poste (inhabituel) de troisième ligne. Si le chemin menant d’arrière à avant est possible, pourquoi pas l’inverse ?

Car Macalou, lui, peut faire le grand écart. Cependant, pour passer d’un rôle majeur au sein du pack d’avants, se focalisant sur la robustesse et l’encaissement des charges adverses, à un décrochage à l’extrémité du terrain, là ou la prise de profondeur et la gestion des appuis est prépondérante, il faut forcément posséder une vision du jeu plus aiguisée. À l’aile, le positionnement dans le second rideau est primordial, tout comme les montées défensives sous forme d’éventail. Un mauvais timing coûte, très souvent, des essais et c’est l’ailier qui se fait alors pointer du doigt en premier.

Mais pas d’inquiétude pour Sekou. Tout d’abord parce qu’en évoluant en numéro 8 habituellement, il est souvent amené à réceptionner en couverture les ballons hauts au soutien de l’arrière, pour pouvoir relancer. Sa générosité dans les courses lui permet, également, de se mouler parfaitement dans les lancements de jeu des trois-quarts, où sa force indéniable, une fois lancé, pourrait faire avancer l’équipe.

C’est sans doute pour cette raison que Stade Français l’a déjà aligné au poste d’ailier en Top 14, face à Toulouse (saison 2019/2020), ou lors d’un match de barrage de Challenge Cup face à Cardiff, la même année. Il avait alors inscrit 3 essais sur les deux rencontres !

Pour les Bleus, un poste sans certitudes défensives

Macalou sait déborder en bout de ligne. Il l’a déjà prouvé à maintes reprises avec le Stade Français, en inscrivant (déjà) 34 essais. Mais au delà de l’argument offensif (un joueur d’1,98m pour 110 kg à l’aile, c’est forcément un atout pour jouer dans l’avancée), le joueur de 26 ans pourrait apporter des garanties défensives logiques, en bon troisième ligne.

Les postulants au poste d’ailier, de Thomas à Penaud, en passant par Rattez et Lebel, sont parfois auteurs d’errances défensives. Très bon gratteur et presque infranchissable en 1 contre 1, Sekou Macalou n’a alors qu’à synchroniser ses montées en ligne pour pouvoir maîtriser l’art de défendre à l’aile.

Le poste de « 11 » et « 14 » est clairement l’enfant pauvre de la ligne de trois-quarts en Équipe de France. Des centres de métier, des métronomes de la défense comme Gaël Fickou et Arthur Vincent y ont même dépanné, et pour une raison bien apparente. Plus ambitieuse, la France ne peut plus se permettre de se faire transpercer sur un seul temps de jeu, comme souvent par le passé. D’où le pari de placer un profil différent à un poste primordial. Plus volumineux et peut-être même plus emballant.

La troisième ligne, jungle de titans

Si Damian Penaud semble retrouver aujourd’hui tout son pep’s à Clermont, l’absence de Teddy Thomas et Gabin Villère, pas encore promus au rang d’intouchables dans le XV, peut ouvrir des portes à l’aile. Surtout que les jeunes pousses Donovan Taofifenua et Mathis Lebel, dotés certes d’un énorme potentiel, n’ont pas encore pu prouver avec les Bleus.

Au poste de troisième ligne, la donne n’est pas la même. Barré par les Toulousains François Cros et Anthony Jelonch, l’ancien Massycois semble également reculer dans la hiérarchie au profit de l’émergence de Cameron Woki et Ibrahim Diallo, deux autres flankers-coureurs lui ressemblant sensiblement dans le profil. Au poste de troisième ligne centre, Grégory Alldritt, en constante progression, apparaît désormais comme irremplaçable.

Alors, Macalou pourrait se voir offrir un terrain de jeu différent, afin de gagner de précieuses minutes sous le maillot frappé du coq. Fabien Galthié l’a assez répété, la construction du groupe s’effectue à partir des finisseurs, ces remplaçants qui doivent apporter des ingrédients différents pour changer le cours d’un match…

Dans la mêlée ou dans les couloirs, Sekou Macalou ne sera, à priori, pas amené à bouleverser la hiérarchie du XV type que veut modeler en détail le sélectionneur pour l’horizon 2023. Mais le joueur de 26 ans pourrait s’avérer utile lors de fins de match (dans un système de 6-2 sur le banc), par sa polyvalence indéniable, faisant de lui définitivement un diamant brut pour les Bleus.

Bonus : Le jeu au pied, la limite

C’est la grande inconnue de l’équation. Le Francilien possède-t-il un bon jeu au pied dans sa palette technique ? Avec les nouvelles règles (dont celle du 50-22), la défense du triangle arrière a changé. Les ailiers sont désormais plus souvent mis sous pression et contraints de dégager. Sans fiabilité sur cet aspect là, Sekou Macalou pourrait se retrouver handicapé.

À lui de nous prouver, une fois encore, que son talent est unique et que cette solution de secours de le voir débarquer à l’aile se montre suffisamment solide. Même si son abattage et son athlétisme ne ferait pas de mal au pack tricolore.

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