23 mai 2022

MA5

DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

XV de France : ces novices qui pourraient se révéler durant la tournée

Publicités

Habitué à révéler des joueurs méconnus du grand public durant les joutes internationales, Fabien Galthié a encore sélectionné 9 débutants en sélection dans son groupe élargi de 42 joueurs pour la Tournée d’automne. Deux figurent même sur la feuille de match pour la réception de l’Argentine, ce samedi soir (21h).

Qui sera le nouvel « ovni » ? En poste depuis deux ans, Fabien Galthié a souvent pris goût à faire éclore des joueurs au parcours sinueux, pas forcément prédestinés à porter un jour la tunique frappée du Coq. Avec Gabin Villère lors de l’Autumn Cup il y a un an pile, ou Melvyn Jaminet cet été en Australie, l’on peut nommer plusieurs exemples qui ont réussi à s’imposer au sein du XV de France.

À moins de deux ans du Mondial à domicile, le sélectionneur, qui veut miser sur la continuité, a tout de même laissé entendre qu’il pouvait encore viser quelques pistes persistantes. Parmi les petits nouveaux de Marcoussis, trois semblent avoir le profil adéquat pour sortir du lot.

Thibaud Flament (24 ans, deuxième ligne)

Stade Toulousain

Son parcours : semé d’embûches. Plus que personne, Thibaud Flament a dû puiser dans ses ressources pour s’offrir un ticket au sein du vol Air France. Pour celui qui a d’abord fait ses gammes en Belgique, son pays natal, avant de tenter l’aventure en Argentine puis en Angleterre, les portes du rugby professionnel français ont mis un temps à s’ouvrir.

Remarqué chez les Wasps (2019-2020) par les scouts toulousains, il signe dans la Ville Rose l’an passé, où son profil de deuxième ligne aérien lui permet de se mouler à merveille dans le collectif Rouge et Noir. Sa première saison est un franc succès. Émergeant petit à petit lors de la période du Tournoi des Six Nations, Flament dispute 8 journées de Top 14, 3 de Coupe d’Europe, et finit sacré doublement avec les Stadistes, sur le toit de France et d’Europe. C’est ce qu’on appelle un départ en trombe, pour celui qui a éclos sur le tard.

La situation au poste : Ce samedi, Thibaud Flament, appelé pour la première fois dans la liste des Bleus, va disputer son premier match international en tant que titulaire. Et il pourrait bien se révéler être un parfait complément de Paul Willemse, par son profil différent, moins robuste mais plus adroit, beaucoup plus coureur.

Si la concurrence fait rage, Flament va notamment apporter un plus à la touche française, déjà enrichie par les apports de Woki, Cros et Jelonch. Certes, Bernard Le Roux (32 ans, 47 sélections) et Romain Taofifenua (31 ans, 28 sélections) n’ont pas dit leur dernier mot. Mais la comète Thibaud Flament a tout pour s’imposer.

Notre avis : Le nouvel ovni, c’est très probablement lui. Flament coche toutes les cases pour griller la politesse à des joueurs plus expérimentés mais au profil moins ‘moderne’, à un poste qui a souvent fait défaut aux Bleus sur la dernière décennie.

Matthis Lebel (22 ans, ailier)

Lebel

Son parcours : Le Stade Toulousain aurait t-il trouvé son nouveau Vincent Clerc ? Si la comparaison apparaît encore fortuite entre le gamin de Lombez Samatan et le deuxième meilleur marqueur d’essais de l’histoire des Bleus, il n’y a des signes qui ne trompent pas. Matthis Lebel possède l’ADN du pur finisseur, élevé au grain dans la formation toulousaine, qui adore transformer ses trois-quarts en furioclasses.

Par son volume de course, sa pointe de vitesse, ses crochets dévastateurs et son centre de gravité désarmant, Lebel s’est élevé rapidement comme le nouvel ailier de renom que le Stade attendait. Auteur de 13 essais en 18 matchs de Top 14 la saison passée, le champion du monde U20 s’impose comme l’un des tous meilleurs finisseurs du meilleur championnat au monde.

La situation au poste : Alors, quid d’une même réussite sur la scène internationale ? Face aux gros manques au poste d’ailier, parent pauvre de sa ligne de trois-quarts, Fabien Galthié a souvent bricolé, parfois à raison, y repositionnant notamment des purs centres : Gaël Fickou, Arthur Vincent, véritables rocs défensifs, mais dont les qualités sont plus modulables au centre du terrain.

Si Damian Penaud et Teddy Thomas semblaient partir, de par leur talent et leur vécu en Bleu, avec un temps d’avance, Gabin Vilière semble avoir rabattu les cartes, sans qu’aucun ne se détache véritablement du peloton. Plus jeune, prônant des statistiques individuelles d’envergure, le Toulousain pourrait bien réussir à tirer son épingle du jeu.

Notre avis : Si Lebel obtient ses premières minutes sous le maillot tricolore (probablement face à la Géorgie, le 13), il pourrait bien marquer des points précieux. Ses aptitudes offensives font de lui un potentiel titulaire.

Thierry Païva (25 ans, pilier gauche)

Son parcours : Pur produit du rugby girondin, Paiva a grandi et appris les rudiments du rugby sur les bords de la Garonne. Élevé à Floirac, il rejoint ensuite le phare régional de l’Union Bordeaux-Bègles. Sacré champion de France espoirs aux côtés de Marco Tauleigne, il finit par faire ses grands débuts sous le maillot à damier, en 2017, après un prêt fructueux à Carcassonne.

Thierry Païva coche toutes les qualités du pilier moderne. Malgré son gabarit imposant (1,84 m, 118 kg), il multiplie les tâches sur le terrain, à la fois dans le jeu courant, qu’en défense. Ses qualités au contest et aux plaquages sont redoutables, et font de lui un joueur endurant. En bref, le Bordelo-Béglais a logiquement tapé dans l’oeil de Fabien Galthié, friand des histoires courageuses à la Charles Ollivon. Blessé gravement début 2020 au genou, Païva a forgé, en plein confinement national, une réelle âme de combattant.

La situation : Le poste de pilier gauche est un pur paradoxe. Car le staff tricolore peut se targuer de posséder l’un des meilleurs du monde : Cyril Baille (28 ans, 28 sélections) compte parmi le gratin mondial, et son statut de cadre toulousain le conforte au poste de titulaire.

En revanche, derrière, il y a peu de plans B. Champion du monde U 20, Jean-Baptiste Gros n’a pas encore convaincu pleinement en sélection, tandis que Jefferson Poirot, partenaire en club de Païva, a pris se retraite internationale à l’issue du Mondial 2019. Pour le poste de numéro 2, il reste une place à prendre. Quentin Walcker, Rodrigue Neti et Hassane Kolingar y postulent également, mais est-ce que le plus complet, ce ne serait pas Païva ?

Notre avis : Thierry Païva a clairement progressé en mêlée, un secteur de jeu qui n’était pas son fort à ses débuts. Avec son profil tonique et impactant, il pourrait se montrer précieux parmi les finisseurs, dont Fabien Galthié a tant relevé l’importance dans la construction de son groupe. Le Girondin pourrait avoir l’occasion de s’illustrer face à la Géorgie. Pour définitivement lancer sa carrière internationale.

Laisser un commentaire

Copyright © All rights reserved. ©MELEEA5 Newsphere by AF themes.