23 mai 2022

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DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

Tests-matchs : la Géorgie, ce pays qui rêve des 6 Nations

Georgie
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Dimanche (14h) , l’Équipe de France disputera au Matmut Stadium de Bordeaux le deuxième match de son histoire contre la Géorgie. Emmenée par sa colonie de joueurs du Top 14, cette petite nation ne cesse de s’émanciper, et entend se servir de l’évènement pour prouver sa valeur sur l’échiquier européen.

C’est un drôle d’adversaire auquel vont se frotter Antoine Dupont et les siens, dimanche après-midi en Gironde. 14 ans après sa dernière apparition sur le sol français, la Géorgie est de retour pour défier les Bleus. Ce ne sera cette fois-ci pas en Coupe du Monde, mais bien pour un Test – match de la Tournée d’automne.

Méconnue, l’équipe dirigée par Levan Maisashvili n’a pas souvent l’occasion de défier les sélections du Tier 1 (top 10 mondial). Cet été, elle s’est notamment cassée les dents sur l’Afrique du Sud, sans pour autant paraître ridicule face aux champions du monde (40-8).

Gorgodze, Chilachava, Zirakashvili : piliers ou troisièmes lignes somptueusement bien taillés, les Géorgiens font la joie des écuries du Top 14 depuis une quinzaine d’années. L’eldorado tricolore attire les meilleurs talents, qui n’hésitent pas à quitter très tôt Tbilissi et ses environs pour l’Hexagone.

Rugueux et peu joueurs : des clichés mal étayés

Ainsi, vu de France, la Géorgie apparaît, à l’image de ses représentants montpelliérains, lyonnais ou brivistes, comme une équipe basée sur toutes sortes de stéréotypes. Sans doute dotée d’un packet d’avants surpuissant, rugueux, mais malgré tout limitée sur le plan technique, car ne possédant pas de joueurs de renom dans sa ligne de trois-quarts.

« Le rugby mondial ne nous voit que comme une équipe physique, qui joue devant, explique le capitaine de la sélection, Merab Sharikadze. Nous sommes reconnus pour ça. Mais on ne joue pas seulement devant ! Nous avons aussi des trois-quarts qui savent jouer. Ça n’arrivera pas en un jour, mais les regards évoluent doucement dans le bon sens« .

La réalité est ainsi plus subtile. Les Lelos proposent un jeu parfois plus attrayant que prévu, et peuvent à présent compter sur une jeune charnière jeune et 100 % Top 14 : Gela Aprasidze (23 ans, Montpellier) et Tedo Abzhandadze (22 ans, Brive), élevés aux grains dans les vestiges du French Flair, sont les dépositaires du jeu en sélection.

L’Italie est malade : une occasion en or

Sans gros faits d’armes sur le plan historique, la nation caucasienne paraît tout de même sur le papier comme un maigre avant-goût de ce qui attendra les hommes de Fabien Galthié une semaine plus tard, pour la réception des Blacks. Pourtant, en y regardant de plus près, la Géorgie , qui voit arriver chaque année de véritables talents bruts, a tout du candidat coupeur de (grosses) têtes.

Où peut-on situer cette équipe sur le plan sportif ? Au regard du classement mondial IRB, la Géorgie se classe aujourd’hui 11 ème. Elle peut ainsi se targuer de se trouver devant des historiques du Pacifique comme les Samoa (13e) et les Tonga (15e). Mais également… à l’Italie (14e).

Car la présence de la Squadra Azzura dans le Tournoi des Six Nations fait de plus en plus débat. Elle reste sur 31 défaites consécutives dans l’épreuve phare du rugby européen, et a encore enchaîné les déroutes lors de l’édition 2021 : 187 points et 26 essais encaissés, six inscrits seulement, une cinquième cuillère de bois consécutive.

Défier les meilleurs : une évidence

Le bilan transalpin suscite une certaine grogne, et voit l’idée d’une passerelle de montée-relégation entre les Six Nations et les Six Nations B germer. Les Lelos, vainqueurs à neuf reprises lors des dix dernières éditions de l’antichambre de l’élite continentale, se posent ainsi en candidats très crédibles.

Pour la Géorgie, intégrer le Tournoi accélèrerait sans doute significativement leur progression. Pouvoir affronter des top nations chaque hiver serait un formidable défi, pour un effectif qui ne peut croiser le fer avec des cadors que lors des Coupes du Monde.

Interrogé en conférence de presse cette semaine, le sélectionneur Levan Maisashvili affirme :  » Intégrer le Tournoi des Six Nations ? C’est une possibilité. Mais nous avons besoin d’un peu de temps encore. Nous avons besoin, avant, d’affronter plus de nations majeures pour ensuite montrer de quoi nous sommes capables. Peut-être qu’un jour nous aurons cette opportunité…« .

À l’image du brillant Beka Saghinadze, très en vue lors du début de saison du LOU en Top 14, la Géorgie se constitue aujourd’hui un XV qui tient la route, grâce à sa propension garantie de joueurs qui étrennent leurs galons sur les pelouses du Top 14, face aux meilleurs joueurs français, sud-africains ou australiens… Les Lelos ont en tout cas prévenu la France. Ils sont « capables de les gêner ». Ils ont en en tout cas les armes.

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