23 mai 2022

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DANS LES COULISSES DE L'OVALIE

Champions Cup : Thibaud Flament de retour sur ses terres, portrait d’un joueur atypique !

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Il était inconnu du grand public il y a encore quelques mois, mais son arrivée au Stade Toulousain a changé la donne. Enchaînant les bonnes performances, Thibaud Flament est même devenu international français cet automne.

Le jeune Thibaud a toujours baigné dans le rugby. Son père, Éric, est un ancien joueur. Dans les années 90, il a notamment porté les couleurs du Stade Français et de Versailles.

En 2006, le papa décide même de créer un club de rugby, chez lui, en Belgique : le Stade Ucclois, situé dans la région de Bruxelles. C’est dans cet environnement ovale que grandit le néo-international, un milieu qui a sans aucun doute inspiré le seconde ligne.

Eric Flament, dans son club de Versailles (rang du haut, cinquième en partant de la droite).

Né à Paris, Thibaud grandit pourtant en Belgique où il commence le rugby qu’à l’âge de 8 ans, dans le club de l’ASUB Waterloo. À cette époque, il n’est pas encore le grand gaillard que l’on connait aujourd’hui et couvre le poste de demi d’ouverture. Il passe plus de 10 ans dans le club belge, avant de partir pour l’Angleterre pour poursuivre ses études.

C’est la genèse d’une belle histoire qui a pris encore un autre tournant, cet automne, quand le sélectionneur français a dévoilé sa liste pour les tests d’automne, dans laquelle il figurait pour la première fois de sa carrière .

L’experience internationale

À 18 ans, il a quitté sa province, comme dirait l’autre. Bien décidé à empoigner la vie, il se rend de l’autre coté de la Manche et intègre l’université de Loughborough. En Angleterre, Thibaud Flament débute d’abord dans l’équipe universitaire N°5, avant de monter en grade petit à petit jusqu’en équipe 3 dès la deuxième année. Puis vient le grand saut, l’envol vers l’Argentine.

Pour le besoin d’un stage, le champion de France en titre voyage au pays des Pumas et décide de continuer sa passion, le rugby. Dans le Club Newman, le « Frenchie » se fait rapidement une place au sein de l’équipe fanion qui évolue en 1ère division argentine. À 20 ans, Flament ne se défile pas : « Je suis revenu avec 5 kilos en plus et une approche différente du rugby », confiait-il à Actu Rugby, l’année dernière. Une chose est sûre et il le dit lui même : c’est là-bas qu’il a eu le déclic. Ce déclic, c’est celui de devenir rugbyman professionnel.  

Thibaud Flament, sous le maillot de Loughborough.

Quand il rentre à Loughborough, Thibaud est plus déterminé que jamais. Il entame une quatrième année de licence et poursuit en parallèle son apprentissage du rugby anglais. Loin maintenant de l’équipe N°5, le double mètre joue pour l’équipe première en League One, la 3ème division anglaise, déjà semi-professionnelle. C’est grâce à ses performances XXL dans ce championnat, qu’il est repéré par les Wasps.

Une guêpe prête à piquer

En seulement 4 ans, Flament passe de l’amateurisme du plat pays à l’exigence anglaise. En 2019, il est engagé pour intégrer le centre de formation des « Jaune et Noir ». Finalement, au bout de 2 mois à peine, il connait déjà sa première cape en pro. Il dispute au total 16 matchs sur la saison (pourtant interrompue par le confinement), ce qui lui laisse le temps de laisser éclater son « Belgian Flair ». « Mon objectif, c’était de jouer une rencontre, je pense qu’il est atteint » avouait-il à 20 minutes, en plaisantant.

Profitant de l’absence des internationaux Joe Launchbury avec l’Angleterre ou Will Rowlands avec le Pays de Galles, retenus avec leur pays respectifs, Thibaud peut faire l’étalage de ses talents. Excellent sauteur et joueur très habile ballon en main, il devient rapidement un élément clé des Wasps de Coventry. Cette année là, les Guêpes se hisseront jusqu’en finale (après reprise de la saison) et échoueront malheureusement face à Exeter, qui réalise le doublé Championnat-Coupe d’Europe.

S’il ne brandira pas le premier trophée de sa jeune carrière, le phénomène Flament n’est pas passé inaperçu. Pierre-Henri Broncan est entraineur du coté de Bath à ce moment là et l’actuel manager du C.O va passer quelques coups de fil en France.

Il joint d’abord William Servat et vante les mérites du seconde ligne auprès du staff des Bleus. Mais l’appel qui va tout changer, c’est celui à Ugo Mola. « PHB » est l’ancien adjoint du coach toulousain et il connait très bien l’institution du président Lacroix. Pour lui, la « Guêpe » a tout (dans le jeu et ailleurs) pour réussir dans le club aux 20 Brennus.

Bronca a vu juste, le successeur de Guy Novès est convaincu par le joueur et fait tout pour s’attirer ses services. Malgré des approches de Bayonne et du Racing 92, Thibaud Flament décide finalement de rejoindre la bande à Julien Marchand et la belle histoire continue.

L’aventure toulousaine

En pleine bourre avec les Wasps, il n’hésite pas une seule seconde au moment de quitter le club et de s’installer dans la Ville Rose. Choix gagnant. Avec le Stade Toulousain, le colosse de 2,03 m et 115 kg va remporter son premier titre, celui de champion d’Europe avant que le Bouclier de Brennus ne suive quelques semaines plus tard. Mais avant ça, il dispute son premier match contre Agen, le 28 novembre 2020 (63-18), où il est titulaire d’entrée sous les yeux de son papa, descendu de Belgique pour l’occasion.

« D’un coup je me suis rendu compte du chemin parcouru. Mon premier match sous le maillot d’un club français, c’était énorme : un mélange de rêve, de pression et de soulagement », témoignait-il au journal L’Équipe. Si Flament parle de pression, il ne la laisse en tout cas pas transparaître. Malgré un adversaire modeste, sa première apparition est jugée satisfaisante et lui permet d’intégrer pleinement la rotation pour la suite de la saison.

Après son 1er Brennus, il revêtit le maillot de l’ASUB Waterloo, là où tout a commencé.

Véloce, facile d’adaptation, souriant, il a tout pour plaire. Mais ce qui séduit surtout, c’est l’originalité de son parcours. Arrivé pro sur le tard, le globe-trotter n’a pas connu la formatation des centres de formation ou l’aseptisation des chemins dits « classiques ». Voilà ce qui le rend unique. « De par sa capacité d’apprentissage, il franchit des paliers à chaque fois qu’il rentre sur un terrain », dit de lui Jean Bouilhou, entraineur des avants toulousains, à Actu Rugby.

À seulement 24 ans, sa marge de progression et son lourd bagage accumulé au gré de ses expériences font de lui un diamant brut qui ne demande qu’à être poli. Si le staff toulousain et Jerôme Kaino ont déjà pris en main le travail pour cette nouvelle saison, nul doute que la « patte Galthié » et les conseils du duo Servat/Ghezzal devraient faire leur petit effet.

Les Bleus comme consécration

« C’est un rêve. », confiait-il à RMC Sport au mois d’octobre. Mais le problème des rêves, c’est que parfois ils se réalisent. Récompensé pour son très bon début de saison avec le Stade Toulousain, Flament a joué une partie intégrale de la tournée réussie des Bleus, cet automne.

Si le sélectionneur avait avoué, en septembre dernier sur Canal +, qu’il était dans une short-list de 9 joueurs qu’il souhaitait voir à l’oeuvre rapidement, là c’est désormais du concret. Si on avait dit ça au demi d’ouverture de Waterloo…

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